Contrairement à la majorité des chefs d’Etat africains, le Togolais Jean Lucien Savi de Tové, vit une situation, pour le moins ambiguë depuis sa prestation de serment le 03 mai 2025. Privé de palais présidentiel propre où résider et travailler comme tout président de la République, le successeur de Faure Gnassingbé continue de résider dans son domicile privé, situé à deux pas de la frontière ouest, une habitation nullement reliée par aucune voie goudronnée ni pavée. Est-ce de cette façon dont les présidents des pays régis par un système parlementaire sont-ils logés eux-aussi à travers le monde ? Le régime parlementaire ne serait-il pas plutôt mal parti au Togo ?

Autour de la maison du Chef de l’Etat, en dehors de quelques hommes en uniforme et quelques barrières érigées çà et là, rien ne signale une résidence habitée par une figure aussi prestigieuse de la République. A la devanture comme à l’arrière, circule qui veut, quand et comme il veut. Les revendeuses de kom, de Botokoin, de la boule d’Akassa et les cireurs de chaussures, etc chacun lançant son slogan. Une scène que personne ne saurait, ne serait-ce qu’imaginer pour se dérouler à Lomé 2. C’est donc de ce quartier, pour le moins vétuste d’où s’ébranle chaque fois que de besoin, le cortège du président qui répand la poussière au passage (dans le quartier) pour le palais de la présidence de la République où il reçoit en audience ses hôtes de marque.

Dans un pays où des rues menant au domicile de simples maîtresses ou concubines voire commerçants (dépourvus de tout attribut de l’Etat), sont bitumées, l’état des rues menant à celui du président de la république est inadmissible et laisse énormément à désirer. On dirait que la République qu’il est appelé à servir ne se préoccupe nullement des attributs de l’Etat dont le personnage est bardé.

« C’est un honneur pour tout citoyen de savoir son président de la république, résider et exercer dans un somptueux palais digne de son rang. C’est une question de fierté nationale que les Togolais n’ont pas.

Comment comprendre que dans la IVe République le Chef de l’État et la présidente du parlement logeaient dans une forteresse inexpugnable alors que dans la Vè présentée comme la meilleure, le président de la république réside dans un quartier ordinaire aux rues non bitumées ou encore non pavées ? », s’indigne un acteur de la société civile qui fustige un système de deux poids deux mesures en matière de logement des présidents des plus hautes institutions de l’Etat au Togo.

Réaction d’un observateur ulcéré : « Et pourtant, les stratèges du régime parlementaire, dans leurs tentatives de vendre aux Togolais sceptiques, ce qui se révèle aujourd’hui, une véritable tomate pourrie, claironnaient avec force énergie sur tous les toits qu’il s’agit d’un régime calqué sur le modèle du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Inde etc. Allez dans ces pays voir si leur président de la république partage son palais avec une autre autorité et loge dans un quartier vulgaire sans rues bitumées ! »

Dans un pays comme le nôtre de tradition ‘’présidentialiste’’, l’enseigne à laquelle le président Savi de Tové, est logé ressemble à s’y méprendre à une baraque indigne d’une personnalité de son rang. Quand on considère que depuis six mois rien ne s’entreprend au sommet en vue de l’aménagement d’un palais présidentiel qui lui soit propre (du moins, aucune information officielle à ce jour, n’en fait cas), on craint qu’au Togo cette fonction ne soit réduite davantage à sa plus simple expression.

Au regard de ce qui précède et du fait qu’à ce jour, toutes les institutions de la république devant accompagner le nouveau régime dans son fonctionnement peinent à s’installer, doiton penser qu’au Togo, le régime parlementaire tant appelé de tous leurs vœux par les dirigeants, soit mal parti ?

Jacqueline