En signant, en janvier 2019, l’arrêté N°0020/MATDCL portant reconnaissance de la désignation de Togbui Mensah Hermann Dovon Djikounou V, Chef du village de Kpolokougomé dans le canton d’Abobo (Préfecture de Zio), l’autorité compétente était à mille lieues d’imaginer que des individus ne reculant devant rien, y compris, le faux et usage de faux, pour assouvir leur soif inextinguible de la couronne, l’induisaient en erreur. Aujourd’hui la vérité rattrape le mensonge : le supposé prédécesseur du ‘’chef ‘’reconnu par l’arrêté ministériel de janvier 2019, Togbui Koffitsè Djikounou, non seulement n’a jamais été chef de village, mais aussi, n’a jamais quitté le monde des vivants.
Très énervé, l’intéressé envisage poursuivre les faussaires devant les tribunaux pour répondre de leurs faits.
Avec véhémence, le sieur Koffitsè Djikounou, (supposé défunt prédécesseur du «chef» du village de Kpolokougomé, reconnu par l’arrêté ministériel) qui déclare être bien vivant, s’insurge contre l’usurpation de son identité dans ce dossier de chefferie, monté de toutes pièces. Il ajoute n’avoir jamais été chef de village ni à Kpolokougomé ni ailleurs. Rejetant catégoriquement l’insertion de son nom, sur la liste des prédécesseurs du chef du village de Kpolokougomé, sur l’honneur, il déclare que le seul chef légitime des quartiers Djita et Kpolokougomé, n’est autre que Togbui Dekpanhu Yawovi Agbadan Gafa IV, officiellement reconnu depuis 2013.
Comme si cela ne suffisait pas, monsieur Koffitsè Djikonou enfonce le clou en révélant n’avoir aucun lien coutumier avec la désignation de M. Dovon, qu’il assimile à des manœuvres politiques en cours pour semer la confusion dans les esprits et la division au sein de la communauté.
Ce nouveau rebondissement dans ce dossier de chefferie traditionnelle assez controversé repose, et ceci, dans toutes ses dimensions, la problématique de la crédibilité de l’enquête diligentée autour des candidats désignés aux fonctions de chef traditionnel, au ministère de l’Administration territoriale, aujourd’hui dirigé par le Colonel Hodabalo Awaté.
« Comment comprendre qu’avec toute la compétence qu’on lui reconnait et les ressources de pointe dont il dispose, le ministère de l’administration territoriale puisse avaliser du faux et s’en prévaloir par la suite pour reconnaitre officiellement la désignation d’un quidam, chef traditionnel d’un quartier, précipitamment transformé en village pour les besoins d’une cause pourrie ? Ce ministère respectable, serait-elle une autorité à se laisser si facilement tromper la religion par de vils faussaires assoiffés de couronne ? Ou bien, s’agiraitil d’une complicité interne ayant consisté à trahir la confiance de l’autorité comme le susurrent certains ? », se demande, tout aussi furieux qu’indigné, un habitant de la localité.
En effet, beaucoup d’habitants dont des leaders coutumiers estiment que ce dossier dépasse les limites de leur localité. A tort ou à raison, des complicités sont indexées au sein du ministère de tutelle et à la tête du canton. Quant au chef canton d’Abobo, Togbui TOFFA VIII, interrogé, il n’a pas cru devoir pour le moment s’exprimer sur ce dossier épineux de l’heure.
Sur place, le ton monte. Le retrait immédiat de l’arrêté controversé accompagné d’enquêtes administratives et judiciaires pour situer les responsabilités dans ce dossier digne d’une « trahison d’État », est de plus en plus exigé par les populations farouchement opposées à toutes manœuvres consistant à tronquer l’histoire de la chefferie de leur village.
Vu que depuis la période allemande, soutiennent-elles, les quartiers Djita et Kpolokougomé sont régis par une chefferie détenue par une seule famille, à savoir, Gafa, qui est à son 4ème chef qui règne. Quelle sera la suite juridique à réserver aux faussaires une fois que les juridictions compétentes seront saisies ? Affaire à suivre
Jacqueline

