Les députés Jean-Pierre Fabre de l’ANC et Dodji Apévon des FDR ont clairement annoncé qu’ils ne siégeront pas à l’assemblée Nationale. Ils n’entendent pas cautionner le changement unilatéral de la constitution par les députés acquis à la cause du parti au pouvoir ainsi que les résultats issus du double scrutin du 29 avril dernier. Reçu sur une radio de la place, le chantre de la nouvelle constitution s’est demandé si l’opposition n’est pas en train de commettre une énième erreur en refusant de siéger au parlement. Son interrogation suscite des questionnements.
Depuis l’ouverture de la session de droit le 21 mai 2014, l’Alliance nationale pour le changement ANC et les Forces démocratiques pour la République (FDR) ont refusé de prendre part aux travaux de la législature en cours.
Selon le professeur Kossivi Hounaké, les deux élus « n’ont pas le droit de refuser de siéger » d’autant puisqu’ils ont sollicité un suffrage que le peuple leur a accordé. « En démocratie, le député, une fois élu, est député de la nation. Donc une fois que le peuple a fait confiance, ils se doivent d’honorer cette confiance en respectant la volonté du peuple en siégeant », a-t-il soutenu.
L’universitaire estime qu’à la fin de la législature, le peuple va leur demander des comptes. « Ceux qui siègent pourront, à l’Assemblée nationale, dire ce qu’ils pensent de la politique du gouvernement. Quand les discussions, les débats auront lieu, où est-ce qu’ils vont se faire entendre ? … Est-ce que l’opposition n’est pas encore en train de commettre une autre erreur », s’est-il interrogé.
La sortie médiatique du professeur Kossivi Hounaké est très fumante et le conseil de sage prodigué aux députés ‘’boycotteurs’’ du parlement est curieux. Comme dans une fable de chez nous, ‘’le lion affamé fait semblant d’être mort mais a gardé ses yeux ouverts. Les animaux de la forêt chantaient et dansaient avec joie autour du présumé cadavre. Le lièvre, doutant de la mort de son persécuteur se mit à bonne distance pour observer le spectacle. Mais le singe fût le plus zélé des danseurs et caressa même la barbe du lion, roi de la forêt. D’un saut, le singe est maîtrisé par le lion. C’est la débandade’’. Ce petit détour détour a tout son sens dans la mesure où le professeur Hounaké, vu à l’œuvre dans la défense de la nouvelle constitution décriée par l’opposition est devenu si ‘’doux’’ avec ceux-là qu’il ne venait pas à peine de narguer. Le changement de ton cache alors un piège que ces deux opposants à leur régime ont réussi pour le moment à déjouer. Un internaute a attiré l’attention de ses lecteurs sur la nature des conseillers politiques autoproclamés de ces opposants. « Quand on est citoyen dans un pays, on a le devoir de garder un minimum de lucidité pour ne pas toujours agir sous l’effet des émotions. Si vous refusez de voir la nature de ceux qui demandent à Me Apévon et à Monsieur Fabre d’aller siéger, vous ferez toujours de très mauvaises analyses. On le voit si bien, ceux qui ont décidé de siéger ont ces derniers temps bonne presse auprès de ceux qui n’ont jamais soutenu l’opposition, ils font d’eux des patriotes par opposition à ceux qui ont refusé de siéger qui sont à leurs yeux considérés comme des diables », remarque-t-il.
L’absence de transparence du processus électoral et l’épineuse question de la nouvelle constitution de la 5eme République sont les deux arguments développés par Me APEVON et M. Jean Pierre Fabre pour soutenir leur position. Une telle décision en réalité devrait conforter le régime surtout que la volonté affichée dès le départ était d’avoir un nombre important de députés pour la mise en œuvre de la nouvelle constitution et enfin offrir au pays le développement tant attendu par les citoyens. A y voir de près, la sérénité n’est pas effective malgré le fait que 3 députés sur les 5 attribués à l’opposition siègent déjà au parlement; si non pourquoi s’obstine-t-on à demander à ces derniers de siéger? En quoi, si Apévon et Fabre tombent en disgrâce auprès de leurs électeurs pose problème au professeur Hounaké du pouvoir? Au contraire cela devrait faire la part belle au parti au pouvoir pour lequel le professeur a brillamment battu campagne pour le changement de constitution et le double scrutin du 29 avril dernier. Alors pourquoi s’acharne-t-il contre ces deux leaders de l’opposition? Même le règlement intérieur de l’assemblée voté avec une majorité très débortante n’a pas voilé la menace de les priver de leurs indemnités et de les radier si leur absence persistait.
Le professeur Hounaké me semble mal placé pour s’ »riger en donneur de leçon à ses adversaires politique. Qu’il assume son choix de mettre son intelligence politique au service du parti au pouvoir afin d’amorcer le développement tant promis aux électeurs. Le premier chantier qui l’attend est désormais l’affaire ‘’Olam et cotonculteurs’’. L’inondation de la capitale togolaise peut être mise de côté, certainement trop compliqué à régler par le régime parlementaire.

