L’administration américaine entend suspendre sa contribution de 555 millions dollars. Dans son projet de budget exercice 2026, la Maison Blanche a proposé de supprimer totalement la contribution américaine et compte rediriger ses fonds vers des mécanismes d’investissement jugés plus « rentables », via la DFC (U.S. International Development Finance Corporation), axée sur le retour sur investissement privé.
Selon l’administration américaine, les aides multilatérales actuelles, notamment celles axées sur le climat, l’égalité des genres ou la gouvernance démocratique, seraient trop «idéologiques ou radicales », jugées inutiles ou contraires à la ligne politique actuelle. Cette proposition signifie, concrètement, la fin d’un soutien financier des États-Unis à la Banque africaine de développement. En tout, 555 millions de dollars de contributions aux institutions multilatérales africaines sont visés. L’administration Trump justifie sa décision par un manque d’alignement entre les objectifs du FAD et les « priorités » de l’exécutif américain. Cette stratégie, si elle venait à être entérinée, pourrait porter un coup sévère aux capacités de financement du développement en Afrique subsaharienne. Le FAD joue un rôle clé dans la réalisation de projets vitaux pour des millions de personnes, notamment dans les zones rurales isolées. Sur le plan géopolitique, la décision pourrait également affaiblir la présence stratégique des États-Unis sur le continent, au moment où d’autres puissances – Chine, Russie, Turquie ou encore pays du Golfe – multiplient les investissements et renforcent leur influence diplomatique.
La rédaction

